
Carcinome cutané
Le cancer de la peau est l’un des cancers les plus fréquents, mais aussi l’un de ceux que l’on peut dépister le plus facilement car il est visible. Parmi les trois grands types de cancers cutanés, les carcinomes sont de loin les plus répandus : on distingue le carcinome basocellulaire, le plus fréquent et peu agressif, et le carcinome épidermoïde, plus fortement lié au soleil et potentiellement plus agressif.
Le carcinome basocellulaire : le plus fréquent
Le carcinome basocellulaire (CBC) représente environ 70 % des cancers cutanés. Bien que le mot « cancer » soit toujours impressionnant, le CBC est généralement considéré comme peu agressif car il évolue très lentement et ne métastase (ne se propage à d’autres organes) que dans des cas extrêmement rares. Il se développe à partir des cellules de la couche la plus profonde de l’épiderme, appelée la couche basale. Sa cause principale est l’exposition répétée et prolongée aux rayons ultraviolets (UV) du soleil ou des cabines de bronzage.À quoi ressemble un carcinome basocellulaire ?
- Une petite perle : papule rosée ou de la couleur de la peau, avec un aspect brillant ou « perlé ».
- Une plaie qui ne guérit pas : lésion qui saigne facilement, forme une croûte, semble guérir, puis revient.
- Une tache rouge ressemblant parfois à de l’eczéma, mais qui persiste malgré les crèmes hydratantes.
Pourquoi le traiter ?
Même s’il ne menace que très rarement le pronostic vital, le carcinome basocellulaire est envahissant localement. S’il n’est pas retiré, il continue de grandir et peut détruire les tissus environnants (peau, cartilage du nez, oreille, voire l’os), ce qui peut entraîner des séquelles esthétiques ou fonctionnelles importantes. La chirurgie est le traitement de référence ; réalisée sous anesthésie locale, elle offre un taux de guérison excellent, supérieur à 95 %. Selon la taille et l’emplacement, la cryothérapie, des crèmes spécifiques ou la radiothérapie peuvent aussi être proposées. Après un premier CBC, le risque d’en développer un autre est plus élevé : un suivi médical régulier est indispensable.Le carcinome épidermoïde : le plus lié au soleil
Le carcinome épidermoïde naît des cellules de la couche superficielle de l’épiderme. Plus agressif que le carcinome basocellulaire, il peut parfois se propager aux ganglions ou à d’autres organes s’il est pris trop tard. Il est souvent précédé par des « kératoses actiniques », petites taches rugueuses au toucher. Un traitement précoce permet une guérison totale dans la grande majorité des cas.Localisations principales
- Peau : la forme la plus courante, sur les zones exposées au soleil (visage, oreilles, mains, cuir chevelu dégarni, dos des mains).
- Muqueuses ORL : bouche, langue, gorge (souvent lié au tabac et à l’alcool).
- Poumons : un type de cancer du poumon « non à petites cellules ».
- Appareil génital et anal : souvent lié à certaines souches du virus HPV.
Apparence (forme cutanée) du carcinome épidermoïde
- Une plaie croûteuse ou une peau qui s’épaissit de façon rugueuse.
- Une plaque rouge et squameuse qui persiste.
- Une plaie ouverte qui ne guérit pas.
- Une excroissance ressemblant à une verrue, parfois surélevée avec un creux central.
- Une zone qui saigne facilement au moindre contact.
Causes et facteurs de risque
- Exposition aux UV : soleil et cabines de bronzage, principaux responsables des formes cutanées.
- Tabagisme et alcool : facteurs majeurs pour les localisations respiratoires et buccales.
- Virus HPV (papillomavirus humain) : impliqué dans les cancers du col de l’utérus, de l’anus et de la gorge.
- Immunodépression : les personnes ayant un système immunitaire affaibli sont plus à risque.
Traitement et évolution
Le traitement de référence est la chirurgie d’exérèse de la lésion. La radiothérapie peut être proposée si la chirurgie est impossible ou en complément. Pour les stades avancés ou métastatiques, on peut recourir à l’immunothérapie ou à la chimiothérapie. Pris en charge précocement, le pronostic reste généralement bon.Dépistage et prévention
- Évitez l’exposition solaire entre 10 h et 16 h ; recherchez l’ombre.
- Portez des vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes.
- Appliquez une crème solaire à haut indice de protection et renouvelez l’application.
- Évitez les cabines de bronzage.
- Surveillez toute lésion cutanée persistante et consultez en cas de doute.
Quand consulter ?
- Une lésion cutanée ne cicatrise pas après plusieurs semaines.
- Une plaque ou une ulcération évolue, saigne ou grossit.
- Une lésion nouvelle apparaît sur une zone exposée au soleil, surtout après 50 ans.
- Vous présentez des facteurs de risque (immunodépression, antécédent de carcinome, kératoses actiniques).
Notre équipe procède au dépistage et au traitement des carcinomes cutanés. Cette présentation est fournie à titre informatif et ne remplace pas un avis médical professionnel.